"Moteurs d’innovation" - Revue Quart Monde n°225

Article posté le 27 février 2013

Le numéro 225 de la Revue Quart Monde vient de sortir. Au sommaire :

- "Une ressource trop peu sollicitée" Isabelle Pypaert Perrin
- "Moteurs d’innovation" Martine Hosselet-Herbignat
- "Éclater les frontières du travail social" Mascha Join-Lambert, Anna Rurka, Laetitia Naud
- "Un investissement pour l’avenir" Nelly Schenker
- "Comme un fils qu’on engendre..." Justin et Josette Vincent
- "Toit et culture : la fin possible de l’errance" Isabelle Séchaud
- "Les pianos de Milfontes" Rui A
- "Un parcours initiatique" Daniel Fayard
- "Un lieu d’accueil inconditionnel" Gilbert Castillo, Renaud Dramais, José M’Baye
- "Cuiseurs solaires : pari réussi !" Thérèse Convert Lemaire
- "Peut-on remplacer un leader charismatique ?" Patrick Brun, James Jaboureck
- "Pour faire un arbre, il faut une femme" Valentina Donzellini
- "Ceux qui nous dévalorisent ont tort" Jeunes de Madagascar
- "Combat juridique et refus de la misère : un couple pertinent ?" Ghislain Patrick Lessène

Présentation de la Revue par Martine Hosselet-Herbignat

Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde, était convaincu que « le souci de l’homme le plus méprisé » est à la fois unificateur et moteur d’innovation. Dans un autre texte il explique : « Les plus pauvres, les exclus, mettent en cause l’ensemble, renversant nos modèles d’actions invétérés. Lorsqu’un très défavorisé est quelque part, rien ne va plus, tout est bousculé et pour qu’il demeure avec nous, tout doit être transformé. […] Par leur existence, par leur présence [les plus démunis] posent les questions essentielles, celles auxquelles notre ordre ne répond pas.  »

Des projets innovateurs impulsés par des personnes extrêmement pauvres et méprisées existent. Notre dossier en rend compte. Une centaine de professionnels, d’usagers et de bénévoles de quatre pays s’interrogent sur des perspectives encore inexplorées pour le travail social en Europe. À Madagascar, des jeunes en situation d’exclusion économique et sociale prouvent qu’ils sont capables d’acquérir une compétence professionnelle en trois ans pour peu que des entreprises s’engagent dans un partenariat avec eux. Dans les Andes, en Afrique, en France, d’autres expérimentent la complémentarité des savoirs, sur des terrains aussi divers que l’éducation, l’accueil de personnes à la rue, la gouvernance et la pérennité d’un Mouvement de lutte contre l’exclusion après la mort d’un leader charismatique...

Trop souvent pourtant des projets novateurs créés sous l’impulsion de personnes en situation de grande pauvreté finissent par en évincer les plus faibles : c’est eux qui payent le prix de l’institutionnalisation et des exigences et réglementations qui en découlent. En Suisse, des militants interpellent publiquement sur cette urgente nécessité d’apaiser la faim de connaissance et de culture qui les ronge. La lutte incessante de Wangari Maathai, qui reçut le Prix Nobel de la Paix en 2004 pour sa contribution à la cause du développement durable, de la démocratie et de la paix et qui cofonda en 2006 l’initiative des Femmes Nobel (Nobel Women’s Initiative), atteste la même lucidité tenace.

Quels sont les dispositions, les attitudes et les procédés qui permettent de contrecarrer ces fatalités apparentes ? Comme l’évoque Justin Vincent, tout projet fait avec les plus pauvres devrait être soigné « comme un fils qu’on engendre  », pour avoir des chances d’arriver à maturité en tenant compte de tout l’homme et de tout homme. Se maintenir en permanence dans la tension de la recherche de « l’absent », encore entravé et empêché de participer au processus libérateur, - rappelle quant à lui Daniel Fayard - se révèle être une condition cruciale pour la construction d’un développement sans exclusion.

Revue Quart Monde n°225 - 64 pages - 8 €

Commandes possibles par téléphone au 02/647-99-00 ou par mail

Consultez gratuitement les archives du n° 121, année 1986, aux numéros de l’année 2012 publiés sur le site www.revuequartmonde.org