Parlement européen : lutte contre la pauvreté

Article posté le 1er décembre 2011

Le 18 novembre 2011, le Parlement européen a adopté une résolution sur la plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

De nombreux amendements introduits par l’intergroupe parlementaire Comité Quart Monde Extrême pauvreté droits de l’homme ont été retenus.

Parmi les raisons, le Parlement déclare "que 116 millions de personnes dans l’Union européenne sont menacées par la pauvreté et que 42 millions (soit 8%) vivent « dans un dénuement matériel extrême et n’ont pas les moyens de subvenir à des besoins estimés essentiels pour mener une vie décente en Europe », que la pauvreté est le reflet inacceptable d’une distribution inégale des richesses, des revenus et des ressources dans une économie européenne prospère (...) que les populations les plus vulnérables, comme les personnes âgées et les personnes handicapées, ont été le plus fortement touchées par la crise financière, économique et sociale (...) que les mesures d’austérité prises ou à prendre dans l’Union européenne ne peuvent porter atteinte à l’emploi et aux protections sociales, et aggraver la situation des plus défavorisés et menacer de chômage, de précarité ou de pauvreté des millions de personnes qui parvenaient encore à vivre ou à subvenir à leurs besoins et à leur existence par leur travail ou leur pension de retraite, en particulier en raison des coupes budgétaires dans les services publics et les aides sociales (...) que le durcissement de la conditionnalité et des sanctions dans les politiques d’activation sociale comme réponse à la crise augmente les difficultés pour les plus vulnérables, alors que peu d’emplois décents sont offerts ; considérant que le fossé entre riches et pauvres ne cesse de se creuser en conséquence de la crise," et que "la nouvelle stratégie pour la mise en œuvre de la Charte des droits fondamentaux de la Commission qui vise notamment à faire progresser l’accès aux droits fondamentaux des plus défavorisés ; que cette Charte doit être respectée dans son intégralité et que la grande pauvreté représente une violation des droits humains et une grave atteinte à la dignité humaine, favorisant la stigmatisation et les injustices ; considérant que l’objectif central des systèmes d’aide au revenu doit être de sortir les personnes de la pauvreté et de leur permettre de vivre dans la dignité".

Parmi les mesure, on notera celle sur la participation. Le Parlement "demande à la Commission le renforcement de l’implication, dans l’élaboration d’une stratégie européenne à tous les niveaux de gouvernance (européen, national, régional et local), de la société civile organisée et de toutes les parties prenantes concernées, comme les ONG, les organisations de l’économie sociale, les fournisseurs de services, les experts de l’innovation sociale et les partenaires sociaux, ainsi que des personnes en situation de pauvreté elles-mêmes, en partenariat avec les associations au sein desquelles elles s’expriment librement et qui ont développé une expérience et des connaissances, notamment par la mise en place de plateformes nationales contre la pauvreté et l’exclusion sociale dans chaque État membre ; (...) demande l’extension des rencontres de personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale au niveau national et la formalisation de la participation de celles-ci et de leur contribution à la Convention annuelle sur la pauvreté et l’exclusion sociale, comme élément fondamental de celle-ci, et que les recommandations ainsi formulées fassent l’objet d’un suivi adéquat et régulier"

Article de commentaire de la Libre Belgique.