D’insupportables inégalités qui d’année en année sont en croissance

Article posté le 8 mars 2017 Print Friendly

D’insupportables inégalités qui d’année en année sont en croissance

On le sait, de nombreux enfants en Belgique naissent et vivent dans la pauvreté. Viva for life a attiré l’attention sur la pauvreté infantile. Il en est de même récemment de la fondation Roi Baudouin (31/01/2017). Nous avons rencontré la responsable d’une récente étude intitulée : Pauvreté et trajectoires migratoires : influence sur la santé autour de la naissance. Madame Myriam De Spiegelaere, responsable de l’étude, est professeur de santé publique à l’ULB.

À Bruxelles, 43% des enfants naissent dans une famille contrainte de survivre avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté (c.à.d. 1732€ / mois pour un parent seul avec deux enfants).

Cette situation a, qui en douterait, un impact sur la santé de ces nouveau-nés. Beaucoup de ces enfants (75%) sont issus de l’immigration, les plus pauvres étant les enfants d’origine d’Afrique sub-saharienne. Mais il ne faudrait pas croire que les enfants nés de parents belgo-belges ne connaissent pas la pauvreté puisque la moyenne, tant à Bruxelles que dans le pays, est d’un peu plus de 18%. À Bruxelles, un enfant sur six nait dans une famille monoparentale.

Il est clair que cette pauvreté a des conséquences sur la santé et le développement des enfants ; faible poids de naissance, prématurité, et mortalité périnatale, décès entre la 22ème semaine de grossesse et le 7ème jour de vie sont nettement majorées même s’il existe des différences en fonction de l’origine des mères.

Tout cela ne peut nous laisser indifférents... Que faut-il faire ?

Nous reprenons ici les propositions de Myriam De Spiegelaere. (Photo droite).

  1. Augmenter les revenus des familles avec enfants, y compris pendant la grossesse.
  2. Améliorer l’accès à l’emploi (de qualité) des adultes non européens.
  3. Investir massivement dans les services à la petite enfance (crèches, écoles maternelles).
  4. Porter une attention particulière sur les conditions socio-économiques des mères est plus utile qu’une attention à l’origine ethnique même si des différences existent.
  5. Il est essentiel de mesurer l’évolution de la pauvreté infantile à Bruxelles (et dans les grandes villes du pays qui ont des chiffres semblables).
  6. Il est important d’évaluer l’impact des mesures qui seront prises et appliquées dans cette lutte contre la pauvreté infantile.

Le rapport complet de la recherche Pauvreté et trajectoires migratoires : influence sur la santé autour de la naissance peut être consulté sur le site de la fondation Roi Baudouin.

Article rédigé par Pierre Hendrick, membre d’ATD Quart Monde en Belgique