Les combats du Mouvement pour la vie de famille

Lettre de l’Université populaire Quart Monde de novembre 2016

Article posté le 14 novembre 2016 Print Friendly

Les combats du Mouvement pour la vie de famille

Extrait de la lettre de l’Université populaire Quart Monde destinée aux participants de l’Université populaire pour préparer la rencontre au sein des groupes locaux.

L’Université populaire Quart Monde est un lieu de construction de pensée et de parole, à la fois individuelles et collectives. Les personnes vivant dans la grande pauvreté y prennent la parole sur des thèmes de société. Cet endroit rassemble des personnes de tous milieux et permet de croiser les expériences de chacun pour changer notre regard sur les personnes en situation de pauvreté.

Si vous voulez en savoir plus sur l’Université populaire ou si vous souhaitez rejoindre un groupe de préparation, vous pouvez contacter l’équipe d’animation par téléphone 02/650.08.73.

Présentation du thème

Pour ce mois-ci, on veut mieux comprendre les combats du Mouvement liés au droit de vivre en famille. Dans l’actualité belge, un projet de loi est en train d’être réfléchi pour que les familles d’accueil puissent avoir plus de droits.

D’autre part, l’organisation du système des allocations familiales passe au niveau régional. Dans les années à venir, chaque région va changer, avec ses propres critères, ce qui existe pour l’instant au niveau fédéral.

Loi sur le statut des familles d’accueil

Une proposition de loi, actuellement en étude au Parlement belge a pour but de renforcer les droits des familles d’accueil. Cela risque de se faire au détriment des parents ! Au départ la proposition se plaçait dans une optique de placement à long terme et donnait de nouveaux droits aux familles d’accueil, au détriment des parents. Le Mouvement Atd Quart Monde a réagi : un placement ne peut être que provisoire et tout doit être mis en œuvre pour que l’enfant retourne le plus vite possible chez ses parents. Il a alors répercuté auprès de parlementaires le point de vue des parents dont les enfants sont ou ont été placés, ou risquent de l’être. Parce que leur parole a été entendue, la proposition est en train d’évoluer et respecte mieux les parents. Elle prévoit que pour les affaires quotidiennes (par exemple : où et quand l’enfant part en vacances, quel sport il pratique, etc.), la famille d’accueil aura le droit de décider. Pour les décisions importantes (par exemple : l’orientation religieuse ou philosophique, le choix de l’école, etc.), la décision sera prise de commun accord avec les parents. En cas de désaccord, le juge tranche. Ce système peut se comparer à ce qui existe déjà pour les enfants dont les parents sont séparés.

Allocations familiales

Lors de la réforme de l’État, on a transféré des compétences de l’État belge vers les régions, dont les allocations familiales. Cela veut dire que ce n’est plus le Parlement belge qui décide du montant des allocations, mais ce seront les Parlements wallon, bruxellois et flamand. Ils ont jusqu’au début 2020 pour avoir leur propre système. Le Parlement flamand a déjà fait des propositions de changements. Le Parlement wallon y réfléchit. Le Parlement bruxellois doit encore décider plus tard. Actuellement, les allocations dépendent du rang de l’enfant : on touche plus d’allocation pour un deuxième enfant que pour le premier. Les projets parlent de supprimer cela et de donner la même somme à chaque enfant. C’est un des gros changements envisagés, il y en a d’autres. Faut-il donner plus à certains enfants ? En fonction de quoi ? De l’âge de l’enfant ? Des revenus des parents ? Du statut du parent ou de l’enfant (par exemple : être un enfant handicapé, un parent bénéficiaire du RIS, chômeur, famille monoparentale) ? Ou prendre d’autres choses en compte ? Donner la même somme, est- ce donner les mêmes chances ? Ce serait bien que les allocations familiales soient un outil de lutte contre la pauvreté. Ce sont ces questions et réflexions que le Mouvement a essayé de mettre en avant.