Les personnes en situation d’extrême pauvreté, partenaire absent des Objectifs du Millénaire

ATD Quart Monde interpelle l’ONU et les gouvernements du monde entier !

Depuis l’an 2000, les chefs d’états et de gouvernements réunis à l’ONU on proposé au monde les "Objectifs du Millénaire" pour en finir avec la misère : 2015 était l’horizon fixé pour ces objectifs, mais 10 ans après, on mesure que les plus pauvres n’ont généralement pas été atteints !

Article posté le 7 juin 2010 Print Friendly

Les personnes en situation d’extrême pauvreté, partenaire absent des Objectifs du Millénaire

Le « Sommet contre la pauvreté », se tiendra à New York du 20 au 22 septembre prochain à là la veille de l’Assemblée Générale de l’ONU.

Ce sommet dressera un bilan intermédiaire de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement et posera les premiers jalons des suites à donner à ce processus. Cette échéance est importante notamment dans le contexte actuel qui entraîne une aggravation de la pauvreté et des inégalités dans le monde.

En préparation de ce sommet, L’ONU a engagé des consultations de ONG qui se tiendront en juin. Le Mouvement international ATD Quart Monde y sera représenté par son vice-président, Marco Ugarte Ochoa.

Un document intitulé : "Les personnes en situation d’extrême pauvreté, partenaire absent des Objectifs du Millénaire" a été rédigé à cette occasion. Il illustre la réalité de l’exclusion massive des plus pauvres des programmes mis en oeuvre pour les objectifs du Millénaire, et formule quatre lignes d’action à mettre en oeuvre pour y rémédier :

- Atteindre les personnes en situation d’extrême pauvreté et n’oublier personne
Les politiques doivent accorder une priorité aux plus vulnérables afin qu’une diminution de l’étendue de l’extrême pauvreté ne soit pas obtenue au prix d’un accroissement de son intensité, ce qui laisserait entier le problème de l’éradication de la misère. En effet, l’expérience montre que les politiques qui commencent par les populations les plus dynamiques et proches des seuils de pauvreté n’atteignent jamais le noyau dur de la misère.

- Accès de tous aux droits de l’homme
Le Conseil des droits de l’homme est en train d’examiner un projet de principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme (Résolution A/HRC/RES/12/19 sept. 2009). Dans l’esprit de ces principes directeurs, les OMD devraient être basés sur les droits de l’homme afin de pouvoir identifier ceux qui n’y ont pas accès actuellement à cause de l’extrême pauvreté et afin de promouvoir l’accès effectif aux droits pour tous.

- Assurer la participation de tous
Les personnes en situation d’exclusion ont une contribution essentielle à apporter. Souvent sans état civil, mal représentées politiquement, il est indispensable de promouvoir, avec elles, de nouvelles formes de gouvernance et de participation, aux niveaux local, national et international.

- Evaluer l’impact des OMD avec les populations
Il devrait être obligatoire pour les bailleurs de fonds et les Etats d’interroger les populations défavorisées sur les bénéfices qu’elles tirent des politiques de développement, car les taux de croissance et les indicateurs quantitatifs ne sont pas suffisants pour savoir ce qu’elles ont gagné en liberté et en égale dignité ou ce qu’elles ont perdu.