A l’occasion de la manifestation du 2 décembre 2011, des associations membres du collectif du suivi du Rapport Général sur la Pauvreté veulent marquer leur solidarité avec les revendications portées par les organisations des travailleurs.
Elles affirment leur soutien à cette action qui veut affirmer son opposition aux diverses mesures envisagées par l’Europe et ses Etats membres, en raison des dégâts humains qu’elles provoqueront immanquablement pour la plupart d’entre nous… A commencer par les plus pauvres.
Depuis toujours, les plus pauvres expérimentent « la pénurie, les manques » dans des sociétés d’abondance. Régulièrement certains d’entre nous disent :
« On ne souhaite à personne de vivre ce que nous vivons, en souffrance et en mépris » ou encore « on souhaite que nos enfants ne vivent pas ce que nous vivons ».
Dans l’échelle sociale - comme dans toute échelle - ce sont les échelons du bas qui « souffrent » le plus.
Il est scandaleux de constater que nos états sont plus préoccupés de plaire aux « dictats » imposés par les lois du marché plutôt que de prendre en compte les revendications légitimes de ceux et celles qui résistent à la misère.
Par rapport aux revendications qui mobilisent le 2 décembre, nous insistons particulièrement sur le refus d’une société qui pénalise les plus faibles au profit de ceux qui ont le plus.
En 1994, année de publication du Rapport Général sur la Pauvreté, On dénombrait en Belgique 6 à 7 % des personnes en situation des pauvreté. Actuellement les estimations avancent que 15% de la population belge se situe sous le seuil de pauvreté. Tout cela sans compter tous ceux et celles qui n’entrent jamais dans les statistiques.
A l’occasion de cette journée nous redisons notre résistance à l’oppression « des marchés » et de ceux qui agissent en leur nom.
Pour les signataires :
Luc Lefèbvre
Nous disons NON :
NON aux conditions toujours plus grandes pour obtenir les droits sociaux, tellement que les plus faibles ne les obtiennent pas, et "c’est encore de leur faute" !
NON à la suppression des droits élémentaires pour les plus pauvres au niveau de la vie en famille, de l’accès à l’habitat, à la culture, aux soins de santé etc..
NON aux dérégulations dans les protections des travailleurs qui entrainent un appauvrissement de masse.
NON aux programmes de lutte contre la pauvreté qui se transforment en chasse aux pauvres.
NON au pourrissement de la situation des demandeurs d’asile, migrants économiques, sans-papiers, recréant par là un sous-prolétariat utilisé dans les travaux au noir. Non aux manipulations qui opposent les travailleurs entre eux selon leur origine géographique.
NON à un système qui repose sur une exploitation outrancière de l’humain et de la nature pour le profit de quelques minorités qui accaparent les richesses produites ou naturelles de la planète.
NON à un système scolaire qui reproduit les inégalités de notre société : meilleures écoles pour ceux qui ont les moyens, quelques restes pour les autres...
Nous disons OUI :
OUI au maintien et au renforcement de la sécurité sociale… Financée aussi par les voitures de société et autres avantages « extra-légaux ».
OUI à la mise en œuvre d’une fiscalité qui soutient des mécanismes de redistribution pour un maintien des services à la population et un renforcement des solidarités.
OUI à des travaux de construction de logements publics accessibles aux plus pauvres.
Le logement et l’immobilier ne doivent pas devenir le nouveau terrain des spéculateurs.
OUI à des politiques de création d’emplois qui respectent les conventions sectorielles en matière de protection et de rémunération des travailleurs.
OUI à des formations pour les adultes qui débouchent sur de réelles perspectives d’emplois et prennent en compte les difficultés de vie que traversent certain(e)s.
OUI à une société qui accorde une priorité à l’humain en mettant en œuvre tout ce qui est nécessaire pour garantir aux plus faibles une vie décente.
OUI au droit d’association pour tous, librement et sans les limites qui sont actuellement imposées aux allocataires sociaux.
OUI à l’individualisation des droits sociaux afin de supprimer une grande part des misères produites par les législations qui accompagnent les situations de cohabitation.
OUI à une société qui oriente ses choix sur base du « bien-être » de tous et pas sur l’évaluation permanente du « bonheur des marchés ».



