Message des délégués des Universités populaires Quart Monde d’Europe

Partager, Share, Aandeel, Anteil Article posté le 17 octobre 2010 Print Friendly
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Message des délégués des Universités populaires Quart Monde d’Europe

Nous, participants des Universités populaires Quart Monde d’Europe, nous avons travaillé au cours de cette année, sur des thèmes liés à la jeunesse et à la pauvreté.

Beaucoup d’entre nous ont l’expérience de la misère. Le présent et l’avenir des jeunes de nos quartiers sont une grande préoccupation pour nous.

Nous constatons que beaucoup de jeunes sont jugés, humiliés, rabaissés, quand ils disent leur nom de famille, quand ils donnent le nom de leur rue ou de leur quartier. Ils sont aussi jugés parfois à cause de leur apparence.

Souvent à l’école ou lors de recherche d’emploi ou dans les médias, les préjugés persistent.

« On nous colle des étiquettes, et on ne veut pas que cela se reproduise avec nos jeunes. »

Le rêve des jeunes, c’est de pouvoir accéder au travail, au logement, à une vie digne ; c’est aussi d’obtenir la confiance de tous. Ces rêves sont durs à réaliser et les jeunes en souffrent.

« Ma fille a proposé des métiers qu’elle voulait faire. Mais la personne de la Mission Locale lui a répondu : « Non, tu ne peux pas faire ça, tu n’en es pas capable ». Ils ne veulent plus investir en elle !  »

Les années de jeunesse sont importantes : les jeunes ont des choix à faire pour trouver leur chemin et c’est difficile.

Les jeunes veulent que leurs différences soient vues comme une chance : ils ont besoin que leur dignité soit reconnue.

Nous, les parents, sommes fiers de nos jeunes : ils représentent l’avenir, l’espoir. Ils continuent notre combat, alors que ce serait si facile d’arrêter ! 

« Je suis fière de mes enfants et mes petits-enfants, certains ont la haine contre la société, et quand même ils nous respectent. Ils prennent n’importe quoi comme travail. Le patron n’arrête pas de les harceler. Je trouve que c’est dur de vivre comme ça. Ils résistent quand même. »

Nous, les adultes, savons que les jeunes ont des compétences et des projets. C’est une génération qui a envie de trouver sa place. Ils sont solidaires entre eux. On peut trouver des trésors quand on les écoute.

Nous, les parents, souhaitons travailler en commun avec l’école, les services sociaux, l’administration pour accompagner les jeunes dans la durée, pas à pas. Il est important qu’aucun jeune ne soit laissé derrière, abandonné.

Nous, les participants des Universités populaires Quart Monde de l’Europe, nous rappelons que le partage de nos connaissances, de nos savoir-faire, de nos valeurs est bâtisseur d’une humanité riche de tout son monde.

Nous tous, parents, amis, professionnels, élus, nous devons faire confiance aux jeunes, en leur donnant des responsabilités, en les soutenant dans leurs démarches, en les encourageant dans leurs projets. Nous savons que ce n’est pas toujours facile mais cela vaut le coût.

Faisons un choix politique, un choix de société,
fondé sur un investissement avec tous les jeunes,
y compris avec ceux qui ont la vie la plus difficile,
Ici et à travers le monde !