Objectifs du Millénaire et nombre de millionnaires

Editorial de ’Partenaire’ n° 74, septembre-octobre 2011

Article posté le 28 septembre 2011 Print Friendly

Objectifs du Millénaire et nombre de millionnaires

En 2000, l’ONU déclarait qu’un vieux rêve de l’humanité était à portée de main : éradiquer la misère. Et on se donnait quinze ans pour le réaliser. S’ils étaient mieux répartis, les biens produits de par le monde permettraient de nourrir, de soigner tout un chacun, d’assurer une éducation primaire pour tous. Une volonté politique permettrait de supprimer les inégalités fondées sur le sexe, de préserver l’environnement et d’assurer la participation de tous, et en particulier des personnes vivant dans la pauvreté, pour atteindre ces objectifs.

Où en sommes-nous en 2011, à quatre ans de l’échéance ?
Dans le rapport de l’ONU qui vient de paraître, son secrétaire général, Monsieur Ban Ki Moon, écrit « Nous devons faire en sorte que les promesses faites deviennent des promesses tenues ». Il observe en outre que « le progrès ne touche souvent pas ceux qui se trouvent au bas de l’échelle économique… ». Un exemple parmi d’autres : en Asie du Sud, les progrès accomplis pour lutter contre la sous-alimentation chez l’enfant n’englobent pas les plus pauvres. Progrès global il y a, mais inégalement réparti.

Et dans nos régions riches, nous préoccupons-nous de ces objectifs ?
Entendons-nous dans les remous politiques que connaît notre pays, des voix qui s’élèvent pour que soit mis en place un véritable partenariat pour le développement ? Pour que chez nous, il n’y ait plus d’illettrés, pour que chaque habitant de notre pays soit décemment logé, pour que tous les parents puissent élever dignement leurs enfants, sans avoir la hantise de les voir placer, notamment pour cause de pauvreté, pour que… ? J’en doute. De par le monde, constatent les analystes financiers, le nombre de millionnaires en dollars ne cesse d’augmenter, surtout dans les pays riches, comme si dans notre monde qui, dit-on, est un village, la distance entre les riches et les pauvres ne cesse de croître.

Si nous n’y prenons garde, les objectifs du millénaire tomberont dans l’oubli. Pourtant, il est encore temps d’agir. Là où nous sommes, avec les responsabilités qui sont les nôtres, si nous acceptons de bâtir nos priorités ou de faire nos choix de vie en référence aux plus démunis, alors les promesses relayées par l’ONU pourront être tenues.
Il y va d’un engagement d’un chacun.

Georges de Kerchove.

Pour aller plus loin :
- site des Affaires étrangères belge
- "Les droits de l’homme et la participation des personnes vivant dans l’extrême pauvreté, clés pour atteindre les OMD en 2015" (ATD Quart Monde International)
- Observatoire des inégalités : Les hauts revenus du show-biz et du sport dans le monde