Rap à l’ONU

Partager, Share, Aandeel, Anteil Article posté le 17 novembre 2010 Print Friendly

Rap à l'ONU

Ce rap a été composé par Esteban, Milton, Peter et Yves pour leur intervention à l’ONU pour le 18 Octobre 2010. Avec d’autres jeunes et le Collectif 17 Octobre, ils se sont rendus à l’ONU, à Genève en Suisse, pour rencontrer Madame Corinne Momal-Vanian, directrice du service de l’information de l’ONU, ainsi que Monsieur Drew Gardiner, Officier Technique pour le Youth Employment Network - une initiative conjointe du Bureau International du Travail, l’Organisation des Nations Unis et la Banque Mondiale.

Alors que je marche, je vois des enfants souffrir de la violence de ces temps, je ne sais pas ce qu’il se passe avec le gouvernement qui nous escroque. Je reste ici en pleurant, en demandant des explications. Où sont les voix des présidents qu’on n’entend plus, qui hier ont gagné les élections et aujourd’hui se cachent ?

Où sont les gens qui meurent de faim ? Où sont les jeunes qui se perdent dans la rue ? C’est la faute au gouvernement qui ne donne pas d’argent pour l’éducation. Les pauvres, avec leur humilité, vivent dans une prison.

Hier j’étais un étudiant, je transportais un cartable avec du papier et un crayon. Aujourd’hui je suis un délinquant qui porte un revolver. Je ne m’entendais pas avec mon père qui frappait ma mère. C’est de là qui viennent mes douleurs, mes sentiments, des détails que je ne peux pas oublier. J’ai essayé de changer, j’ai cherché du travail et je n’en ai pas trouvé. La seule chose que j’ai reçu c’est le refus des gens parce que je n’ai pas de formation. Dite-moi monsieur le juge, comment voulez-vous que je puisse continuer dans le bon chemin si vous me condamnez à être éloigné de ma famille et de ma liberté ?

My man, Le plus grand travail d’une vie se fait sur soi-même, S’instruire sur le monde, trier le vrai du faux, gérer ses peurs, ses envies, ses besoins, ne pas s’en créer. Je sais que c’est difficile, comme d’accepter que par manque de cash tu n’auras pas accès à d’innombrables connaissances……pffff

Où sont les gens qui meurent de faim ? Où sont les jeunes qui se perdent dans la rue ? C’est la faute au gouvernement qui ne donne pas d’argent pour l’éducation. Les pauvres, avec leur humilité, vivent dans une prison.

Suisse je suis, En Suisse je vis, me nourris, m’habille, ris, dors, j’y chiale puis m’instruis ici, au même titre que mes amis d’Asie, d’Inde, d’Afrique, d’Europe, d’Amérique, de Suisse aussi, nés ou pas nés ici. Victimes de guerres, divisions des peuples, des terres, domination physique, économique, manipulations, sacrifices, sectes, vols, viols, Classification de l’Homme par le teint, l’origine géographique, stress, peur instaurée par un seul et unique empire et ses délégations, le tout entretenu par un complexe de supériorité et l’esprit de compétition mal placé, les vices, tentations….

J’en passe….. Pauvres ou traumatisés, trop souvent les deux, bétail prédestiné à se faire avoir, dans le respect des droits de l’Homme, je dis que l’instruction c’est essentiel, que les mensonges, la langue de bois et les falsifications lui portent préjudice. Que la vérité nous libère, que l’ignorance nous enferme ! Jeunes et moins jeunes, on a besoin de gens cultivés, intègres, qui au nom de la vérité, de la justice, s’impliquent, sachent expliquer et valoriser la richesse des différences ainsi que des acquis. Il ne faut pas que pénaliser, mettre l’accent sur les lacunes et ne chercher que des raisons, des excuses parmi ces dites différences, bref…. Je veux placer un fait, inégalité des chances évidente, pour exemple : Ecole privée ou publique, héritiers ou sans le sous du troupeau, bien sur endetté de surcroît. Mate ! Un prof pour trois ou pour trente ! Man, j’élève ma voix pour les pauvres frustrés comme décomplexés, qui grandissent au milieu du luxe, de l’opulence, qui remettent en question, à juste titre, l’honnêteté de ceux qui possèdent les richesses matérielles à outrance…