Retour en images sur l’Université populaire Quart Monde européenne

Article posté le 1er mars 2014 Print Friendly

Retour en images sur l'Université populaire Quart Monde européenne

Pour retrouver une présentation complète de la 13e Université populaire Quart Monde européenne, cliquez ici

Les propositions formulées à l’issue de l’Université populaire Quart Monde viennent d’être rendues publiques

Mercredi 5 mars

Rencontre au Parlement européen


Le magazine "La Vie" vient de publier un article intitulé "ATD Quart Monde veut une Europe vraiment sociale".

Extraits :

"Une Europe sociale est-elle encore possible ? C’est à cette question en forme d’interpellation que les militants d’ATD Quart Monde ont tenté de répondre(...). A quelques semaines des élections européennes, citoyens et élus rassemblés dans l’enceinte du Parlement ont réaffirmé leur volonté d’encourager l’Europe à éradiquer la grande pauvreté. Tous ont constaté l’échec des politiques de l’Union dans ce domaine. La faute à la crise ? « Pas seulement, car celle-ci a commencé bien avant 2007 pour les familles aux revenus les plus faibles », explique Marie-Cécile Renoux, déléguée d’ATD Quart Monde auprès de l’Union européenne. « Et, depuis, les politiques d’austérité n’ont fait que les enfoncer un peu plus dans la pauvreté. »
...
« A force de s’ingénier à démanteler notre modèle social, l’ultra-libéralisme peut désormais crier victoire », s’indigne l’avocat George de Kerchove, militant d’ATD en Belgique. « Il est temps de redonner la parole aux plus pauvres pour que les politiques européennes ne soient pas seulement dictées par la bourse et la finance. Ces personnes ont beaucoup à nous apprendre. »
...
Tous les participants ont dit leur volonté que le dialogue entre les institutions européennes et ses citoyens les plus en difficulté devienne permanent, depuis l’élaboration des lois jusqu’à leur évaluation. Des propositions s’adressant aux candidats devraient être rendues publiques dans les jours qui viennent."

L’Université populaire Quart Monde européenne s’est tenue pour la première fois au Parlement européen, à l’invitation de l’Intergroupe de députés « Extrême pauvreté et droits de l’Homme – comité Quart Monde ».
Elle a réuni deux cent cinquante personnes : militants en situation de grande précarité venus d’une dizaine de pays, élus et fonctionnaires européens, citoyens solidaires, professionnels, syndicalistes… Tous ont dit leur volonté que le dialogue entre les institutions européennes et ses citoyens les plus en difficulté devienne permanent, depuis l’élaboration des lois jusqu’à leur évaluation.

Tous acteurs de démocratie ? L’emploi, un droit ? Quel accès aux droits fondamentaux pour ceux qui vivent en grande précarité ? Tels sont quelques-uns des sujets sur lesquels les participants ont formulé des propositions concrètes en vue des élections européennes de mai prochain.
Ces propositions s’adressent aux candidats et aux citoyens. Elles vont être rendues publiques dans les jours qui viennent par ATD Quart Monde.

Les participants ont constaté l’échec de la plupart des politiques européennes de lutte contre la pauvreté. La faute à la crise ? Pas seulement, car celle-ci a commencé bien avant 2007 pour les familles aux revenus les plus faibles. Et, depuis, les politiques d’austérité les enfoncent encore plus dans la pauvreté.
Comme l’explique la philosophe Myriam Revault d’Allonnes, cette crise sans fin n’est pas la fin du monde. C’est la fin d’un monde, qui exige un retournement et une réorientation du regard, à partir desquels nous avons beaucoup à réinventer pour que la vie change pour nous et pour les générations à venir.

En conclusion de cette université populaire européenne, la députée Sylvie Goulard, présidente de l’Intergroupe « Extrême pauvreté et droits de l’Homme – comité Quart Monde » a invité tous les participants à repartir dans leur pays comme ambassadeurs de la cause européenne, d’une Europe construite avec la pensée et l’expérience de tous ses citoyens. Et à se méfier des discours simplistes et des idées faciles proposés par certains partis pour sortir de la crise. Car ce sont les pauvres qui paient toujours la facture des mauvaises politiques.

Source : http://atd-quartmonde.fr

Bernadette Fallay, militante de Belgique, a participé à la journée au Parlement européen. Nous lui avons demandé ce qui avait été important pour elle lors de cette journée :
"C’était important d’aller au Parlement mais c’était important aussi de rencontrer des membres des autres pays. Je n’avais jamais eu l’occasion de dialoguer avec eux avant. Même si on ne parlait pas les mêmes langues, grâce aux traducteurs, on a pu essayer de se comprendre.
On juge trop les gens, on met trop d’étiquettes sur les personnes. Ca valait la peine d’aller voir les gens au Parlement pour leur faire comprendre qu’on a notre mot à dire. On ne peut pas garder ce qu’on vit pour nous, ni se confier à n’importe qui. Le mouvement ATD Quart Monde ça sert à ça... Les gens au Parlement nous ont écouté. Mais ils ne doivent pas oublier ce qu’on leur a dit pour leur faire comprendre que la pauvreté existe. On a fait quelque chose pour eux. Maintenant, c’est important qu’ils tiennent leur parole, même si on sait que les choses ne vont pas changer du jour au lendemain."

 

L’émission "Il était une foi" a consacré un reportage de 30 minutes à ATD Quart Monde en interviewant Elsa de Calignon, animatrice de l’Université populaire Quart Monde. Accéder au site et au podcast de l’émission

La députée européenne Sylvie Goulard a également publié sur son site internet un compte-rendu de la journée : [http://www.sylvie-goulard.eu.

 

 

Mardi 4 mars

Durant toute la journée, les délégations des différents pays vont se préparer pour la rencontre qui aura lieu le lendemain au Parlement européen.

9h - Arrivée des délégations

Les premières délégations arrivent à la Maison Quart Monde de Bruxelles.
Elles viennent de Pologne, France, Irlande, Italie, Angleterre, Espagne, Belgique.

Les autres délégations se retrouvent au Chant d’Oiseau. Elles viennent des Pays-Bas, de Belgique, d’Allemagne, Luxembourg et de France.

10h - La délégation italienne

La délégation italienne est composée de membres d’ATD Quart Monde et de l’association "21 Luglio". Cette association de défense des droits des roms organise depuis septembre des formations pour que des roms puissent défendre eux-mêmes leurs droits. Ils sont représentés durant cette Université populaire par leur président ainsi que 2 personnes qui suivent cette formation, respectivement dans le nord de l’Italie et en Sardaigne. Cette initiative est réalisée en lien avec le ERRC (European Rom Right Center).

10h30 - Début de la rencontre

La rencontre commence. "Cette journée de travail complète un travail long et difficile. Il s’agit de mettre des mots sur des choses qui font mal : la misère, l’injustice...
A l’occasion des prochaines élections européennes, on souhaite faire des propositions et les suivre dans les années qui viennent."
Il y a 2 enjeux :
- prouver que penser avec des personnes qui ont l’expérience de la grande pauvreté permet d’apprendre de nouvelles choses.
- Découvrir comment les institutions européennes fonctionnent pour que nos propositions soient recevables, compréhensibles.
Depuis un an, des personnes engagées dans plusieurs pays et au sein des institutions européennes travaillent ensemble pour cela.

11h - La délégation espagnole

Les membres de la délégation habitent à Madrid. Pour certains, c’est la première fois qu’ils viennent en Belgique. A leur arrivée dans la ville, ils sont passés par hasard devant le SAMU social. Ils n’imaginaient pas que même dans la capitale européenne autant de gens se retrouvaient à vivre dans la rue. La situation en Espagne est très dure mais découvrir cette réalité aussi à Bruxelles est un choc.
Demain mercredi, ils espèrent pouvoir "mettre les cartes sur la table" lors de la rencontre au Parlement européen.

11h30 - Préparation en groupes de travail

Un groupe constitué de la délégation polonaise et de 2 délégations de France (Alsace et Ile-de-France) partagent leurs préparations. Demain, ils échangeront avec des personnes des institutions européennes et d’autres partenaires sur le thème "L’emploi, un droit ?"

Un groupe constitué des délégations d’Espagne, d’Angleterre et d’Irlande se préparent quand à elles à travailler sur le thème "Droits fondamentaux et vie familiale".

Les délégations de l’Ouest de la France, d’Italie et de Djynamo (la dynamique jeunesse du mouvement ATD Quart Monde) travaillent sur le thème "Un emploi pour les jeunes".

A l’aide de photos, de témoignages, chaque délégation présente la pauvreté dans son pays. Les participants font connaissance avec les réalités de vie de chacun. Ils tentent de comprendre les points communs et les différences d’un pays à l’autre. Ce travail préparatoire permettra de formuler demain des propositions qui correspondront à des injustices qui se retrouvent dans plusieurs pays européens.
Quelques points évoqués durant les échanges :
- Dans plusieurs pays, ne pas avoir de papiers d’identité ou une situation en règle empêche de trouver du travail, un logement...
- Sans soutien de la part d’une institution ou d’une organisation, il est quasiment impossible de se sortir seul de la misère. Certains expliquent que sans l’existence de programmes ou de mesures de solidarité, ils dépendraient encore de la charité et n’auraient pas pu bâtir une vie digne pour leur famille.
- Se battre pour les droits de tous et pas seulement pour une catégorie de personnes (pauvres, roms, sans-papiers...) permet une lutte plus efficace pour les droits de chacun.

Des participants insistent sur la nécessité de croire en des lendemains meilleurs. Sans cela, jeunes ou plus âgés, se laisseraient aller et n’auraient plus la force de lutter contre les préjugés. En s’accrochant et avec le soutien d’autres, on peut tenir à l’école, trouver un travail, avoir un logement. Mais cela est un chemin très long.

Des participants découvrent qu’en Italie il n’existe pas de revenu minimum garanti, ni d’assurance chômage. Pour tenir, il ne reste que la charité et le soutien de la famille.
Ce qui est injuste, c’est que des enfants qui ont grandi dans des camps ou des bidonvilles ne se sont rendus compte que bien plus tard que cette situation n’était pas normale... quand ils ont enfin eu un vrai logement, un vrai travail...

13h - fin du travail en petits groupes

Les groupes font une pause dans leur travail. Les échanges reprendront en début d’après-midi.
Les délégations de Pologne et d’Irlande.

14h - Reprise du travail en petits groupes

Au Chant d’oiseau, d’autres délégations d’ATD Quart Monde se préparent à la journée de demain au Parlement européen. Elles viennent des Pays-Bas, de Belgique, d’Allemagne, Luxembourg et de France.

Des délégations de France (Champagne-Ardenne et Rhône-Alpes) et de Belgique reprennent leurs échanges sur le thème "Pour une Europe démocratique".
Différents projets menés dans chacune des régions permettent de réfléchir sur les critères nécessaires pour cela. La nécessité de formations se fait sentir.
Cela peut concerner des formations pour les personnes en situation de pauvreté, pour qu’elles puissent elles-mêmes prendre la parole dans les lieux où se décident des mesures qui les touchent directement.
Mais cela concerne également des formations pour les professionnels (du monde social, médical...). Des exemples de co-formations entre professionnels et des personnes qui ont l’expérience de la grande pauvreté sont d’une très grande richesse.

15h30 - Comprendre les compétences de l’Europe

Les différents groupes de préparation ont été rejoint par des personnes travaillant au sein des institutions européennes. Ces personnes ont préparé des fiches afin que chaque participant à l’Université populaire Quart Monde européenne connaisse les domaines de compétences de l’Union européenne concernant le travail, l’école, la participation citoyenne...
Demain mercredi au Parlement européen, il ne s’agira pas seulement de témoigner de la réalité de la pauvreté mais de créer les conditions permettant un réel dialogue et l’émergence de propositions concrètes.
Comme le dit un participant originaire du Mali et demandeur d’asile en Belgique : "on a un adage, c’est de dire que les 2 mains se lavent l’une l’autre". Les personnes travaillant au sein des institutions européennes et les personnes qui ont l’expérience de la grande pauvreté doivent pouvoir réfléchir et bâtir des propositions ensemble, et pas seulement vouloir s’utiliser mutuellement.

17h30 - Fin de la journée de préparation

Les groupes de travail se terminent. La journée de préparation touche à sa fin. Les délégations se retrouveront demain matin à partir de 9h au Parlement européen.
Pour découvrir le programme du mercredi 5 mars et en savoir plus : cliquez ici !

 

 

« Cet événement a été financé avec le soutien de la commission européenne dans le cadre du programme « L’Europe pour les citoyens ». Cette publication n’engage que son auteur et la Commission n’est pas responsable de l’usage des informations qui y sont contenues ».